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Syndrome du canal carpien

Jocelyn-William LOUBRIAT

Définition

On appelle Canal carpien le tunnel ostéo-fibreux formé au niveau du poignet par :
- les os du carpe en arrière et sur les côtés,
- une bande fibreuse appelée rétinaculum des muscles fléchisseurs (RMF) en avant (fig. 1).

Le syndrome du canal carpien (SCC) est une affection qui se manifeste par des fourmillements, des sensations d’engourdissement ou de gonflement, ressentis dans les 3 premiers doigts de la main (pouce, index et majeur). Ces manifestations neurologiques sont dues à la compression d’un nerf, le nerf médian, dans ce tunnel.

Il ne s’agit pas d’une pathologie spécifique aux grimpeurs, mais elle est fréquemment rencontrée parmi cette population.

L’évolution est en général progressive avec l’apparition de quelques signes brefs, qui peuvent s’amplifier jusqu’à devenir une gêne nocturne importante empêchant le sommeil. La douleur peut devenir diurne rendant impossible la préhension d’objets de moins en moins lourds.
Dans les cas les plus graves, il peut même y avoir une paralysie de certains petits muscles de la main (muscles intrinsèques).

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Fig. 1 : Coupe transversale du carpe,
d'après M.Dufour, Anatomie de l'appareil locomoteur.

Mécanisme lésionnel

Le canal carpien est un tunnel étroit où passent de nombreux tendons : les tendons des fléchisseurs des doigts dans leurs gaines synoviales, ainsi que le nerf médian.

En escalade, la sollicitation des tendons fléchisseurs est importante et les contraintes à l’intérieur du tunnel peuvent augmenter. L’augmentation du volume des gaines synoviales (ténosynovite) peut créer un phénomène compressif dans le tunnel. De plus, avec les phénomènes ischémiques du « daubage », il peut résulter un œdème qui vient encombrer le canal.

Le nerf est comprimé et les manifestations neurologiques apparaissent.

Prévention

La prévention se fera au niveau de la préparation physique en favorisant une bonne récupération et en évitant les phénomènes ischémiques liés aux « bouteilles ».

Les étirements réguliers des fléchisseurs des doigts (fig. 2) permettent d’entretenir une bonne mobilité des tissus au niveau du poignet, notamment ceux du rétinaculum des muscles fléchisseurs (RMF).

 

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Fig. 2: Étirement des fléchisseurs des doigts

Des postures longues (environ 30 sec à 1 min) des fascias des membres supérieurs (fig. 3 et 4) permettront une bonne régulation des tensions musculo-aponévrotiques, élément essentiel de la prévention du SCC.

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Fig. 3: Posture des fascias
des extenseurs
Fig. 4: Posture des fascias
des fléchisseurs

 

Soins

Il est essentiel de prendre en charge le SCC dès les premiers signes.
Un traitement de kinésithérapie adapté pourra, dans la majeur partie des cas, éviter l’évolution vers des troubles plus importants.
Ce traitement devra redonner de la mobilité au niveau des tissus du poignet mais aussi libérer l’ensemble des tensions du membre supérieur. Là encore, une prise en charge globale type Mézières, Fascias… est essentielle pour libérer l’ensemble des tensions du corps en traitant les causes et pas seulement les conséquences.
Les techniques de thérapie du tissu neuro-méningé, visant à favoriser la bonne vascularisation du nerf et la liberté de mouvement de celui-ci, seront de bons outils.
L’électrothérapie pourra être utilisée essentiellement de manière antalgique (TENS).
Pour la pratique de l’escalade, il faudra tout tenter pour éviter l’intervention chirurgicale qui résout le problème d’un coup de bistouri dans le RMF. Cela a pour conséquence de réduire sensiblement le rendement musculaire des fléchisseurs des doigts, d’où une perte de force et de sensation.

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