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L'imagerie mentale


Introduction :
De nombreux sportifs utilisent l’imagerie mentale dans leur activité. Cette habileté est souvent un facteur de performance ; c'est-à-dire un facteur corrélé avec la performance auquel il est judicieux d’accorder une certaine priorité d’entraînement. Lors des compétitions d’escalade par exemple, l’imagerie est largement employée pour se représenter mentalement les mouvements. Mais l’imagerie a également d’autres utilités. Il importe donc de comprendre cette habileté et de savoir pourquoi et comment l’utiliser ; l’un des rôles de la préparation mentale consiste à cela.

 

Définitions :
Plusieurs termes peuvent se cacher sous le concept d’imagerie mentale : visualisation, pratique mentale, répétition mentale… Dans tous les cas, "l’imagerie est le fait d’utiliser tous les sens pour créer et reproduire une expérience dans son esprit" 1. Avec cette habileté et les yeux fermés, vous pouvez par exemple vous imaginer un gâteau, sa forme, sa couleur (visuel), son odeur en le sortant du four (olfactif) ; le croquer (kinesthésique), entendre son craquement (auditif) et ressentir son goût (gustatif), sans que ce gâteau soit ici devant vous. L’imagerie permet alors de reproduire des expériences passées, mais aussi d’en créer de nouvelles qui n’ont jamais appartenu au passé perceptif. Il est également possible de s’imaginer sous deux angles : soit dans son propre corps, soit en se voyant faire comme spectateur de soi-même ; ceci présente plusieurs intérêts. Dans la pratique sportive, l’imagerie mentale peut favoriser l’apprentissage, la préparation et la correction des mouvements ainsi que la mise en place de stratégies ; elle permet de modifier ses cognitions, gérer son éveil, son anxiété et ses émotions. De nombreuses recherches ont démontré l’efficacité de l’imagerie dans le sport.

 

Présentation de l’étude :
Un grimpeur peut s'imaginer : des mouvements, des stratégies d'ascension, des objectifs de résultat, en maîtrise de la situation, en train de contrôler ses émotions. Ces exemples illustrent très simplement les cinq fonctions possibles de l'imagerie mentale selon Paivio 2. Mon étude a consisté à comparer les fréquences d’utilisation de ces cinq fonctions chez des grimpeurs de différents niveaux : novices (≤ 6c+ ; n=50), confirmés (= 7 ; n=59) et experts (≥ 8a ; n=75). Ces évaluations ont été faites à partir d’un questionnaire composé de 30 questions : 6 questions, pour chacune des 5 variables, dans lesquelles le sujet doit évaluer sur une échelle de 7 points s’il utilise rarement ou souvent la situation d’imagerie mentale décrite.

 

Résultats de l’étude :
- Les fréquences d’utilisation de ces 5 fonctions vues dans un ensemble diffèrent très significativement entre novices, confirmés et experts.
- Plus le niveau des grimpeurs augmente, plus l’imagerie mentale des mouvements est fréquente.
- Les novices s’imaginent moins fréquemment des stratégies par rapport aux confirmés et aux experts.
- Les experts s’imaginent plus souvent en maîtrise de la situation par rapport aux confirmés et aux novices.

Pour évaluer vos fréquences d’utilisation des 5 fonctions d’imagerie mentale en escalade, vous pouvez remplir ce questionnaire ; vos résultats apparaîtront automatiquement sur la deuxième feuille de calcul. Pour approfondir le sujet, voici mon mémoire, mes données et d’autres articles intéressants disponibles ici.



Références :

1 Vealey, R., & Greenleaf, C. (2001). Seeing is believing: Understanding and using imagery in sport. Dans J. WILLIAMS, Applied sport psychology: Personal growth to peak performance (pp. 247 - 272). Mountain View: Mayfield Publishing Compagny.

2 Paivio, A. (1985). Cognitive and motivational functions of imagery in human performance. Canadian Journal of Applied Sport Sciences.

 



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