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Syndrome des loges

Lison RAULT
réalisé au cours de sa formation en masso-kinésithérapie
Avril-Mai 2010

Définition

Le syndrome des loges d’effort est défini par un déficit d’apport sanguin aux muscles de l’avant-bras. Pour comprendre, il faut savoir que les muscles ne forment pas une masse unique autour de l'os, mais qu'ils sont bien séparés les uns des autres dans des compartiments, appelés loges musculaires, dont les cloisons (ou aponévroses) sont inextensibles.

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Les loges musculaires de l'avant-bras,
d'après Michel Dufour, Anatomie de l'appareil locomoteur, Éd. Masson.

Lors de l'effort, l'activité musculaire entraîne dans les vaisseaux un afflux sanguin qui provoque une augmentation temporaire de 20 à 30 % du volume du muscle. Mais si ces aponévroses sont épaissies et rigidifiées, le muscle se retrouve comprimé. La loge, trop étroite pour le muscle, agit alors un peu comme un garrot sur le réseau veineux, qui ne parvient plus à évacuer le sang appauvri en oxygène. Résultat : le muscle s'asphyxie et la douleur apparaît.

Le syndrome des loges touche surtout les hommes, jeunes (20-30 ans) et sportifs. Le symptôme principal est la douleur, qui apparaît à l’effort. Elle en nécessite l’interruption puis disparaît en quelques dizaines de minutes. Elle prend la forme d’une sensation de tension, de gonflement, de crampes, de brûlures, de compression ou de tétanisation, en somme l’impression d’avoir les bouteilles. Dans les stades les plus graves, la douleur peut s’accompagner d’une perturbation de la sensibilité de la main et d’une perte de force musculaire. Si aucune baisse d’activité n’intervient, l’évolution tend vers une douleur qui apparaît plus vite et disparaît plus lentement.

Mécanisme lésionnel

Le syndrome des loges d’effort apparaît progressivement, lorsque plusieurs facteurs se surajoutent. L’absence de phase de récupération et de relâchement musculaire au cours d’exercices intensifs est déterminante. Mais pour que les symptômes apparaissent elle doit être associée à un épaississement des aponévroses. Celui-ci peut être dû à des micro-traumatismes (chocs répétés amortis par les avant-bras), à des cicatrices (fractures ouvertes, opérations, etc.) sur des sujets présentant un terrain favorable à cet épaississement.

Prévention

En l’absence de symptômes, la pratique régulière d’étirements entretient la souplesse de ces tissus fibreux.
Dès la première alerte, à savoir l’impression d’avoir les bouteilles pour un effort fourni moins important que d’habitude (en dehors de tout manque d’entraînement !), il faut être à l’écoute des signes et ne pas « traiter le mal par le mal » :
- ne pas grimper sur la douleur et ménager des temps de récupération jusqu’à sa disparition totale (la souffrance du muscle entraîne une majoration du gonflement et la destruction définitive de cellules),
- réaliser des étirements associés à du massage en dehors des phases douloureuses (l’étirement majore la compression des vaisseaux) et à distance des entraînements. Le massage a pour but d’assouplir les aponévroses, il s’agit d’une pression glissée profonde sur le trajet de leur jonction avec l’os.

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Soins

La chirurgie est actuellement la seule solution pour poursuivre les activités sportives avec la même intensité. La mesure de la pression intra-musculaire déterminera la nécessité d’opérer. L’intervention est une aponévrotomie, c’est à dire une incision de l’aponévrose sur toute sa longueur qui redonne de l’aisance au muscle. Elle donne de bons résultats et permet la reprise des activités après un à deux mois de convalescence et de rééducation.

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