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Déchirure des muscles lombricaux

Jocelyn-William LOUBRIAT

Définition

Les lombricaux sont des petits muscles de la main, sans accroche osseuse, tendus entre les tendons des fléchisseurs et les tendons extenseurs des doigts au niveau de la paume (fig. 1).
Leur déchirure, comme toute déchirure musculaire, entraîne douleur et incapacité fonctionnelle brusque.

La douleur est localisée à la paume. Elle peut être spontanée ou provoquée lors de préhension (même tendue) et à la palpation.

L’apparition d’un œdème et/ou d’un hématome n’est pas impossible.

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Fig. 1 : Situation du muscle lombrical,
d'après M. Dufour, Anatomie de l'appareil locomoteur

 

Mécanisme lésionnel

La préhension en monodoigt, abordée en tendu avec les autres doigts fléchis étire irrémédiablement le muscle lombrical correspondant.

Le muscle étant accroché sur les tendons fléchisseurs du majeur et de l’annulaire, lorsqu’un de ces 2 doigts est maintenu en extension alors que l’autre est tiré en flexion, le lombrical se retrouve étiré entre les deux (fig. 2).

Un muscle mal préparé ne résistera pas à une telle charge. Sur un monodoigt, au risque de paraître tel Lapalisse, le poids du corps est entièrement suspendu sur un seul (petit) doigt (fig. 3).

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Fig. 2 : Sollicitation lésionnelle
du muscle lombrical en monodoigt

Fig. 3 : Préhension en
monodoigt à risque

 

Prévention

Correction technique :
Modifier impérativement la technique de préhension des monodoigts en ne séparant jamais le majeur de l’annulaire (fig. 4).


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Fig. 4 : Préhension en monodoigt sans risque

Correction de la préparation physique :
L’échauffement préalable du muscle est impératif, un muscle bien préparé aura moins de risques de se déchirer.

Un muscle extensible est moins sujet aux déchirures : les étirements spécifiques de ces muscles se feront de manière systématique après chaque séance.

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Soins

Arrêt de la séance et glaçage immédiat associé éventuellement à une tentative de compression (pas facile dans cette région).
Répéter le glaçage 3 à 4 fois par jour durant 3 à 7 jours. Ne pas appliquer d’anti-inflammatoire.
Un travail de kinésithérapie spécifique associant ultrasonothérapie, mobilisation et stretching permet une optimisation de la récupération.
La reprise, après un arrêt strict de 10 à 30 jours (suivant l’importance de la lésion, déterminée par l’échographie), peut être envisagée progressivement en strappant le majeur à l’annulaire et en s’interdisant ainsi les monodoigts.

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