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Ténosynovite

Francis HÉLIAS
Jocelyn-William LOUBRIAT

Définition

Ce terme désigne l’inflammation de la gaine synoviale d’un tendon (fig. 1). En escalade, par simplification, il désigne l’inflammation d’une gaine synoviale des tendons fléchisseurs des doigts.

Son apparition est généralement brutale, avec une douleur vive en regard de la première phalange (P1). Il est possible qu'il y ait une irradiation dans la paume, voire dans l'avant-bras. On constate parfois un œdème au niveau de P1.
À tort, on la confond souvent avec une rupture de poulie par son apparition brusque mais elle ne présente pas la gravité de cette dernière. Elle n'est pas à négliger pour autant.
On pourrait comparer l'état de la gaine lors d'une ténosynovite à l'état de la peau lors d'un "steak" : imaginez le saignotement de la gaine et vous comprendrez pourquoi vous avez mal.

Fig. 1 : Situation de la gaine

 

Mécanisme lésionnel

Elle survient lors d'un écrasement de la gaine entre la poulie et le tendon ou entre la prise et le tendon.

Elle résulte d’un phénomène mécanique qui peut être intense et unique, ou bien plus faible mais répété.

Il faut bien prendre en compte cette notion que la répétition d’un geste est néfaste pour les structures.

Lors de la préhension en arqué, la gaine se retrouve coincée entre le tendon et la poulie (fig. 2).

Lors d’une préhension en tendu sur une prise anguleuse, la gaine est pincée entre le rocher, le tendon et l’os (fig. 3).

Fig. 2 : Conflit entre poulie et tendon

Fig. 3 : Conflit entre tendon et prise anguleuse

 

Prévention

Correction technique :
Prendre les plats et les bossettes en tendu, éviter les prises anguleuses ou les prendre selon un angle non traumatisant.

Correction de la planification :
Respecter la progressivité, ne pas accumuler de charge trop importante sans repos, ajuster l'intensité et la charge de travail à son niveau.
Il faut passer par une période de 3 semaines où la force et la résistance seront sous-maximales.

Correction de la préparation physique :
Musculation progressive des doigts avant d'attaquer un projet maximal, surtout pour les bidoigts, monodoigts et réglettes.

Échauffement et étirements à ne jamais oublier.

 

Soins

Arrêt de la séance. 
Le plus rapidement possible mettre du froid. Puis appliquer un gel anti-inflammatoire. 

Mise au repos du doigt tant que la douleur est présente au repos. 
Mise en place d'un anneau de Strappal® (fig. 4), ne permettant que la prise en tendu et le garder jour et nuit pendant une dizaine de jours. Le changer tous les jours, en glaçant et en ré appliquant du gel anti-inflammatoire.

Fig. 4 : Strapping du doigt

Reprise de l'entraînement en s'interdisant toute prise traumatisante (tendu sur prise anguleuse et arquée) et toute douleur (si douleur : arrêt).
Voir un médecin du sport si les symptômes persistent. (Pas d'infiltration.) 
Quelques séances de kinésithérapie avec physiothérapie de type ultrasons peuvent accélérer la guérison

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